Tahar Ben Jelloun

Tahar Ben Jelloun (en arabe : طاهر بن جلون) est un écrivain et poète marocain de langue française, né le 1er décembre 1944 à Fès (Maroc).
Après avoir fréquenté une école primaire bilingue arabo-francophone, il étudie au lycée français de Tanger jusqu’à l’âge de dix-huit ans, puis fait des études de philosophie à l’université Mohammed V de Rabat, où il écrit ses premiers poèmes — recueillis dans Hommes sous linceul de silence (1971). Il enseigne ensuite la philosophie au Maroc. Mais, en 1971, à la suite de l’arabisation de l’enseignement de la philosophie, il doit partir pour la France, n’étant pas formé pour la pédagogie en arabe. Il s’installe à Paris pour poursuivre ses études de psychologie.
À partir de 1972, il écrit de nombreux articles pour le quotidien Le Monde. En 1975, il obtient un doctorat de psychiatrie sociale. Son écriture profitera d’ailleurs de son expérience de psychothérapeute (La Réclusion solitaire, 1976). En 1985, il publie le roman L’Enfant de sable qui le rend célèbre. Il obtient le prix Goncourt en 1987 pour La Nuit sacrée, une suite à L’Enfant de sable. Il participe en octobre 2013 à un colloque retentissant au Sénat de Paris sur l’islam des Lumières avec Malek Chebel, Reza, Olivier Weber, Abdelkader Djemaï, Gilles Kepel et Barmak Akram.
Tahar Ben Jelloun vit actuellement à Tanger avec sa femme et ses enfants (Merième, Ismane, Yanis et Amine), pour qui il a écrit plusieurs ouvrages pédagogiques (Le Racisme expliqué à ma fille, 1998). Il est aujourd’hui régulièrement sollicité pour des interventions dans des écoles et universités marocaines, françaises et européennes.

Pour vos commandes, une seule adresse email : librairiekalila@yahoo.com
Ne vous déplacez plus ! Recevez vos livres à domicile si vous payez en ligne (par email)

Cliquer sur un ouvrage pour en lire le résumé
Liste non-exhaustive, contactez-nous pour toute demande d’informations
  
  
  
  
  
  
  

Pour vos commandes, une seule adresse email : librairiekalila@yahoo.com

Ne vous déplacez plus ! Recevez vos livres à domicile si vous payez en ligne (par email)

12662594_963200590434743_5771018338314018994_n


Résumé des oeuvres

 L’Enfant de sable
Inspiré d’un fait divers authentique, ce roman raconte la vie d’Ahmed, huitième fille d’un couple qui, sans héritier mâle, décide d’élever celle-ci comme un garçon. Découvrant peu à peu dans le trouble et l’incertitude ce qui est dissimulé aux yeux de tous, Ahmed choisit d’assumer la révolte de son père, de vivre en homme et d’épouser une fille délaissée, bientôt sa complice dans une vertigineuse descente aux enfers du mensonge social le plus fou.
Pour vos commandes, une seule adresse email : librairiekalila@yahoo.com

La Nuit sacrée  (suite de L’Enfant de sable)
Rappelez-vous ! J’ai été une enfant à l’identité trouble et vacillante. J’ai été une fille masquée par la volonté d’un père qui se sentait diminué, humilié parce qu’il n’avait pas eu de fils.
Comme vous le savez, j’ai été ce fils dont il rêvait. Le reste, certains d’entre vous le connaissent ; les autres en ont entendu des bribes ici i ou là. C eux qui se sont risqués à raconter la vie de cet enfant de sable et de vent ont eu quelques ennuis : certains ont été frappés d’amnésie ; d’autres ont failli perdre leur âme.
Mais comme ma vie n’est pas un conte, j’ai tenu à rétablir les faits et vous livrer le secret gardé sous une pierre noire dans une maison aux murs hauts au fond d’une ruelle fermée par sept portes.
Pour vos commandes, une seule adresse email : librairiekalila@yahoo.com

Le Racisme expliqué à ma fille
Un petit livre d’initiation à l’antiracisme, réellement adressé aux enfants, par l’intermédiaire de la fille de l’auteur. On verra que les questions sont simples mais qu’elles permettent, de fil en aiguille, d’aller au fond des choses. Qu’est-ce que le racisme ? Qu’est-ce qu’un étranger ? Pourquoi n’accepte-t-on pas facilement la «différence» ? Le raciste a-t-il peur, et de quoi ? Etc. En définitive – et c’est le propre de ces petits livres d’initiation – les réponses de Tahar Ben Jelloun s’adressent tout autant aux adultes qui liront ce livre sous couvert d’apprentissage pédagogique ; comme ils ont lu Le Monde de Sophie sous couvert de révisions philosophiques.

Au pays
A quelques mois de la retraite, mohamed n’a aucune envie de quitter l’atelier où il a travaillé presque toute sa vie depuis qu’il est parti du bled.
Afin de chasser le malaise diffus qui l’envahit, il s’interroge sur lui-même avec simplicité et humilité. Il pense à son amour profond pour l’islam, dont il n’aime pas les dérives fanatiques ; il se désole de voir ses enfants si éloignés de leurs racines marocaines; il réalise surtout à quel point la retraite est pour lui le plus grand malheur de son existence.
Un matin, il prend la route de son village natal, décidé à construire une immense maison qui accueillera tous ses enfants. Un retour ” au pays” qui sera loin de ressembler à ce qu’il imaginait.

Mes contes de Perrault
L’auteur de L’Enfant de sable et de La Nuit sacrée (Prix Goncourt 1987) est un grand familier de la tradition des contes et légendes, lui qui puise dans les rites et les mythes ancestraux une bonne partie de sa matière romanesque. Et c’est avec une évidente gourmandise qu’il a entrepris de réécrire dix contes de Perrault (Riquet à la houppe, Le Petit Poucet, Barbe-Bleue, La Belle au bois dormant, Les Fées, Le Chat botté, Peau d’âne, Le Petit Chaperon rouge, Les Souhaits ridicules et Cendrillon) en les installant dans un contexte ” arabe et musulman “, en les orientalisant en quelque sorte. La réussite est totale. Surprises en tous genres, clins d’œil et savoureux rebondissements sont au rendez-vous. Pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

Le Mariage de plaisir
Dans l’islam, il est permis à un homme qui part en voyage de contracter un mariage à durée déterminée pour ne pas être tenté de fréquenter les prostituées. On le nomme “mariage de plaisir”. C’est dans ces conditions qu’Amir, un commerçant prospère de Fès, épouse temporairement Nabou, une Peule de Dakar, où il vient s’approvisionner chaque année en marchandises. Mais voilà qu’Amir se découvre amoureux de Nabou et lui propose de la ramener à Fès avec lui. Nabou accepte, devient sa seconde épouse et donne bientôt naissance à des jumeaux. L’un blanc, l’autre noir. Elle doit affronter dès lors la terrible jalousie de la première épouse blanche et le racisme quotidien. Quelques décennies après, les jumeaux, devenus adultes, ont suivi des chemins très différents. Le Blanc est parfaitement intégré. Le Noir vit beaucoup moins bien sa condition et ne parvient pas à offrir à son fils Salim un meilleur horizon. Salim sera bientôt, à son tour, victime de sa couleur de peau.

La réclusion solitaire
Restons ce corps cassé qui ne dit pas le malheur mais qui regarde le ciel et se souvient de la forêt décimée.
Nous sommes un pays déboisé de ses hommes. Des arbres arrachés à la terre, comptabilisés et envoyés au froid. Quand nous arrivons en France, nos branches ne sont plus lourdes ; les feuilles sont légères ; elles sont mortes.
Nos racines sont sèches et nous n’avons pas soif. Si je nous compare à un arbre, c’est parce que tout tend à mourir en nous et la sève ne coule plus. Tout le monde trouve ” normal ” ce déboisement sélectif.
Mais que peut un arbre arraché à l’aube de sa vie ? Que peut un corps étranger dans une terre fatiguée ? “

L’ablation
«Témoins vigilants, observateurs attentifs, il arrive parfois que les romanciers se voient confier des vies pour les raconter dans leurs livres. Ils font alors fonction d’écrivain public. C’est ce qui m’est arrivé il y a deux ans lorsqu’un ami, qui avait été opéré de la prostate, m’a demandé d’écrire l’histoire de son ablation. Je l’ai écouté pendant des heures. Je l’ai accompagné dans ses pérégrinations hospitalières. Je suis devenu ami avec le professeur d’urologie qui le suivait. L’idée d’un livre s’est imposée peu à peu. Un livre utile qui rendrait service aux hommes qui subissent cette opération, mais aussi à leur entourage, leur femme, leurs enfants, leurs amis, qui ne savent comment réagir. Mais la situation était délicate : fallait-il, comme le demandait mon ami, tout raconter, tout décrire, tout révéler ? Après réflexion, j’ai choisi de tout dire.» Tahar Ben Jelloun

Le dernier ami
Vers la fin des années cinquante, à Tanger, deux adolescents, Mamed et Ali, se rencontrent au lycée français, se fréquentent et se lient d’amitié. Étalée sur une trentaine d’années, leur relation sera tissée de malentendus, d’épreuves subies ensemble, mais aussi de jalousie muette et de trahison. Une amitié incandescente qui ressemble à une histoire d’amour qui tourne mal. Chacun des personnages donne tour à tour sa version des choses. Et l’on constate qu’ils n’ont pas vécu la même histoire. À la naïveté de l’un répond l’égoïsme pervers et destructeur de l’autre. L’amitié elle-même serait-elle un malentendu ? Au-delà, ce roman laisse aussi entrevoir une
société complexe et contradictoire, offrant un portrait cruel du Maroc des années de répression et des désillusions qui s’ensuivirent.

Harrouda
Harrouda n’apparaît que le jour. Elle commence par lâcher ses cheveux en avant et tourne sur place. Puis elle relève sa robe. Les enfants n’ont que le temps d’y croire, déjà le rideau est baissé. Le reste, ils le retrouvent dans leurs rêves et, pour le narrateur, à chaque étape de son adolescence. Harrouda, prostituée déchue, fut son premier amour, et la maîtresse de deux villes : Fès, lieu de toutes les vertus et de la tradition, Tanger – que Jean Genet appelle Tanger-la-Trahison. Une femme, deux villes, toutes les femmes, ‘ et nous guettons la solitude pour de nouveaux fantasmes. Nous les collons sur une page d’écriture. Le rire. Seul le rire pour accoupler ce que nous avons osé. ‘

La Nuit de l’erreur
Un destin funeste a voulu que Zina, l’héroïne de ce roman, soit conçue durant une nuit frappée de malédiction, « une nuit de l’erreur » durant laquelle il ne fallait rien concevoir. Elle naîtra le jour de la mort de son grand-père. Ainsi ce qui devait être une fête fut un deuil. Frappée par le sort, maudite à jamais, elle sera un enfant, puis une femme en marge, celle par qui le malheur arrive. Zina fera de la cruauté sa façon d’être au monde et se vengera des hommes captivés par sa beauté. « Les femmes sont cruelles, dira-t-elle, parce que les hommes sont lâches. » Zina s’emploiera à séduire puis à détruire ses amants. Trois lieux magiques, trois villes marocaines servent de décor à cette histoire : le Fès des années quarante, Tanger dix ans plus tard et Chaouen d’aujourd’hui. Tahar Ben Jelloun met en scène plusieurs conteurs pour conjuguer les thèmes qui, depuis toujours, habitent son œuvre : la violence des rapports entre l’homme et la femme, liberté… « Comme par hasard, écrit-il, c’est dans le désastre du monde que je me retrouve, dans les souffrances des innocents que je me reconnais. »

Sur ma mère
La mémoire défaillante de ma mère l’a replongée, pendant les derniers mois de sa vie, dans son enfance. Redevenue soudain une petite fille, puis une très jeune fille tôt mariée, elle s’est mise à me parler, à se confier, convoquant les morts et les vivants. Sur ma mère a été écrit à partir des fragments de souvenirs qu’elle m’a livrés. Ils m’ont permis de reconstituer sa vie dans la vieille médina de Fès des années trente et quarante, d’imaginer ses moments de joie, de deviner ses frustrations. Chaque fois, j’ai inventé ses émotions et j’ai dû lire ou plutôt traduire ses silences. Sur ma mère est un vrai roman car il est le récit d’une vie dont je ne connaissais rien, ou presque.

La Prière de l’absent
« Les livres inspirés sont rares et précieux, parce que ce qu’ils disent n’appartient-pas à l’artifice du langage qui feint d’être vrai. Le livre de Tahar Ben Jelloun est de ceux-là. Histoire imparfaite et hasardeuse, car les hommes et les femmes qui l’habitent sont des ombres fugitives… Mais c’est la force de cette interrogation et la magie de cette poésie qui nous capturent, et nous entendons à nouveau la voix du conteur sur la place, qui sait changer le cours du temps. » – J. M. G. Le Clézio

Partir
« La petite Malika, ouvrière dans une usine du port de Tanger, demanda à son voisin Azel, sans travail, de lui montrer ses diplômes.
– Et toi, lui dit-il, que veux-tu faire plus tard ?
– Partir.
– Partir… ce n’est pas un métier !
– Une fois partie, j’aurai un métier.
– Partir où ?
– Partir n’importe où, là-bas par exemple.
– L’Espagne ?
– Oui, l’Espagne, França, j’y habite déjà en rêve.
– Et tu t’y sens bien ?
– Cela dépend des nuits. »

L’Auberge des pauvres
Un universitaire marocain, écrivain à ses heures perdues, s’ennuie à enseigner la littérature à des étudiants qu’il n’intéresse guère et qui, de toutes façons, se retrouveront au chômage, diplômés ou pas. A la maison, rien de bien exaltant non plus, la routine d’un vieux couple usé par l’habitude. Un seul projet est encore capable de l’enthousiasmer : écrire la version marocaine de l’Ulysse de Joyce. A défaut, il se contente de rédiger un texte sur Naples dans le cadre d’un concours qui lui permet de gagner une invitation à séjourner dans la ville italienne. Loin des circuits touristiques, il découvre l’Auberge des pauvres, une cour des miracles sur laquelle règne une matrone qui semble incarner la mémoire des bas-fonds de la ville. Tahar Ben Jelloun est un merveilleux raconteur d’histoires et la ville de Naples l’a particulièrement inspiré. Il entraîne le lecteur dans une véritable odyssée littéraire, non sans humour, car, à son retour au Maroc, l’émule de Joyce découvrira que sa Pénélope n’est pas restée faire de la tapisserie en l’attendant. –Gérard Meudal

Le premier amour est toujours le dernier
Ce livre raconte le déséquilibre et les malentendus entre l’homme et la femme arabes.
Les histoires qu’on y trouve ne parlent que d’amour, c’est-à-dire de solitude, de secret, et d’incompréhension. Et puis ce besoin d’amour devient vite une recherche de soi, car pour aimer l’autre, pour donner, il faut s’aimer un peu soi-même. Ce n’est pas si simple, dans un pays où la tradition et la religion aident surtout l’homme à asseoir sa petite puissance, alors même que rien ne peut s’y faire sans la femme.

Labyrinthe des sentiments
“Mais étais-je amoureux de Wahida ou de la femme, de
toutes les femmes ? Je n’avais éprouvé de tels sentiments
depuis des années. Aimer doucement, comme si on passait
d’un rêve à un autre rêve, attendre la naissance du désir, le
voir grandir, lui résister, puis succomber. Je voulais vivre une histoire aussi complexe, aussi folle que la ville. Si j’avais rencontré Wahida à Casablanca, dans le hall d’un grand hôtel ou sur la banquette d’un bar du port, je l’aurais choisie pour une nuit puis, le matin, comme la plupart de ces hommes de passage, j’aurais glissé dans son sac quelques billets de cent dirhams et je ne l’aurais jamais revue. Mais cela, je ne l’avais pas fait. Naples m’a incité à aller à contre-courant des événements habituels.”

Les Raisins de la galère
Nous sommes les enfants des cités de transit, nous sommes arrivés sans que personne en soit prévenu, nous sommes des centaines descendus du bateau du soir qui attend que la lune soit voilée pour débarquer ses passagers sans papiers… Quel pays est le mien ? Celui de mon père ? Celui de mon enfance ? Ai-je droit à une patrie ? Il m’arrive parfois de sortir ma carte d’identité. En haut et en majuscules : REPUBLIQUE FRANCAISE. Je suis fille de cette république-là. Signes particuliers : néant. Ils n’ont rien mentionné. Cela veut-il dire que je ne suis rien ? Pas même ” rebelle ” ou ” beur ” encolère ?

Moha le fou, Moha le sage
Qui, au Maghreb, ne connaît Moha ? On l’a entendu déclamer sur une place publique. On l’a vu déchirer de vrais billets devant une banque. Il a tiré au clair l’étrange histoire d’une ancienne et puissante famille, su le secret de l’esclave noire et celui de la petite domestique, chacune interdite de parole. Il a pris à partie le technocrate et le le psychiatre, conversé avec Moché, le fou des Juifs, et avec l’Indien, cet autre exclu.
Arrêté, tué, enterré, Moha ne cesse de parler – et sa parole ne peut tarir car elle est la tradition maghrébine même, la vérité lyrique qui résiste.
Moha raconte son peuple, Tahar Ben Jelloun raconte Moha : allez donc arrêter le vent sur les sables.

Le bonheur conjugal
Casablanca, début des années 2000. Un peintre, au sommet de sa gloire, se retrouve du jour au lendemain cloué dans un fauteuil roulant, paralysé par une attaque
cérébrale. Sa carrière est brisée et sa vie brillante, faite d’expositions, de voyages et de liberté, foudroyée. Muré dans la maladie, il rumine sa défaite, persuadé que son mariage est responsable de son effondrement. Aussi décide-t-il, pour échapper à la dépression qui le guette, d’écrire en secret un livre qui racontera l’enfer de son couple.
Un travail d’auto-analyse qui l’aidera à trouver le courage de se libérer de sa relation perverse et destructrice. Mais sa femme découvre le manuscrit caché dans un coffre de l’atelier et décide de livrer sa version des faits, répondant point par point aux accusations de son mari. Qu’est-ce que le bonheur conjugal dans une société où le mariage est une institution? Souvent rien d’autre qu’une façade, une illusion entretenue par lâcheté ou respect des convenances.
C’est ce que raconte ce roman en confrontant deux versants d’une même histoire.

La plus haute des solitudes
Pour des hommes obligés de s’expatrier afin de vendre leur force de travail, l’absence d’affectivité se traduit quotidiennement ; abstinence forcée, refoulement croissant de leurs désirs sexuels. La misère matérielle dans laquelle ils vivent est de plus en plus connue et souvent dénoncée. Mais que dire de l’autre misère, moins visible, aussi évidente, celle de la solitude, celle qu’ils subissent dans la rue, dans la chambre, dans le sommeil?
C’est de cette misère vécue que Tahar Ben Jelloun témoigne, en transcrivant le discours de ces hommes venus le consulter dans le centre de médecine psychosomatique où il a exercé trois années durant.

Cette aveuglante absence de lumière
Juillet 1971, le narrateur participe au coup d’État fomenté contre le roi Hassan II. Échec cinglant, direction le bagne de Tazmamart et ses conditions d’incarcération inhumaines. Cinquante-huit soldats sont ainsi condamnés à la mort lente. Commencent alors dix-huit années d’humiliations quotidiennes pour les candidats à la survie : faim, obscurité, odeurs nauséabondes, déchéance physique, folie, souffrances indicibles, les détenus malgré tout tentent de s’organiser, profitant notamment de l’enterrement de l’un des leurs pour jouir quelques minutes de la lumière du jour. “Un jour viendra où je serai sans haine, où je serai enfin libre et je dirai tout ce que j’ai enduré. Je l’écrirai ou le ferai écrire par quelqu’un, pas pour me venger, mais pour informer, pour verser une pièce au dossier de notre histoire”, dit le narrateur. Trente ans plus tard, son voeu est exaucé : Tahar Ben Jelloun s’empare de ce témoignage pour en tirer un roman et faire la lumière sur les atrocités inavouables du régime marocain. Le conteur envoûtant de L’Enfant de sable et de L’Auberge des pauvres connaît le pouvoir subversif des mots. Dans Cette aveuglante absence de lumière, abandonnant tout artifice littéraire, il trouve des mots simples et d’une effrayante justesse pour dire la barbarie et le délabrement, et offrir à nouveau la parole à ces prisonniers acculés au silence. Avec une implacable sobriété, il décrit l’enfermement cauchemardesque, la volonté de résister à l’horreur et la renaissance du narrateur par la spiritualité. Après Gilles Perrault et Malika Oufkir, Tahar Ben Jelloun choisit donc la voie de la fiction pour dresser à son tour un réquisitoire sans concession contre les ignominies du régime d’Hassan II

L’Islam expliqué aux enfants
« Je raconte ici l’islam et la civilisation arabe à mes enfants nés musulmans, à tous les enfants quels que soient leur pays, leur origine, leur religion, leur langue et aussi leurs espérances. Ceci n’est surtout pas un prêche, ni un plaidoyer. Je ne cherche pas à convaincre, je raconte le plus objectivement et le plus simplement l’histoire d’un homme devenu prophète, l’histoire aussi d’une religion et d’une civilisation qui a tant apporté à l’humanité. » T.B.J.

L’écrivain public
L’écrivain public, dans les sociétés traditionnelles, est celui qui rédige lettres, requêtes et formulaires, en lieu et place de ceux qui ne savent pas écrire.
Pour Tahar Ben Jelloun, c’est aussi celui qui prête sa plume et sa voix à tous les siens, à ceux qui n’ont pas la parole. Dans un récit qui convoque les souvenirs de l’auteur, se profilent certaines villes – d’un Maroc tantôt réel, tantôt imaginaire -, et se précise l’expérience de la pauvreté, de la violence.

Amours sorcières
Je me souviens de Fattouma, une femme de Tafilalet à la peau presque noire, elle pleurait parce qu’en voulant empêcher son mari d’aller avec d’autres femmes, elle s’était trompée de poudre et l’avait rendu impuissant. Une autre a rendu fou le sien et n’arrivait plus à retrouver le charlatan qui lui avait donné des herbes à faire avaler à son homme. J’ai remarqué que celles qui ne disent rien sont celles qui trompent leur mari et multiplient les amants. Celles qui n’osent pas franchir le pas de la trahison pleurent, se plaignent et finissent par être pathétiques. “

Prochains événements

Jeudi 21 décembre, 18h30 | Rencontre avec Sanaa El Aji : Sexualité et célibat au Maroc

Plus d'infos sur notre Agenda Culturel !

clock

Newsletter

Inscrivez votre adresse email ci-dessous pour être au courant des événements et des nouveautés de votre Librairie !

newsletter

Contact

Email : librairiekalila [at] yahoo.com Tel :  +212 537 72 31 06 Fax : +212 537 72 24 78 Adresse : 344, avenue Mohammed V, Rabat, Maroc. Horaires : Du lundi au samedi de 9h30 à 13h et de 15h à 19h30 chat

Likez notre page Facebook !

Vos commandes

Commandez vos livres par téléphone, email ou en venant sur place ! En savoir plus
delivery-truck

Publications Facebook

www.ultimedia.com

Quand Jean d’Ormesson parlait de la condition féminine

1 likes, 0 comments6 days ago

S’il fallait n’avoir lu que cinq livres de Jean d’Ormesson

L’écrivain Jean d’Ormesson est mort dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 décembre, à l’âge de 92 ans. Que faut-il retenir de son œuvre..

10 likes, 0 comments1 week ago

FRANCE 2

« La vie est naturellement une vallée de larmes. Elle est aussi une vallée de roses ». Jean d’Ormesson

17 likes, 0 comments1 week ago

L’écrivain et académicien Jean d’Ormesson est mort

Jean d’O. pratiquait à merveille un art en voie de disparition, celui de la conversation. Il était brillant, jamais ennuyeux, parlait vite..

11 likes, 2 comments1 week ago

Au programme ce mois de Décembre: > Mardi 05/12, 18h30 | Rencontre avec Souad Jamai autour de “Un toubib dans la ville” > Jeudi 14/12, 18h30..

5 likes, 0 comments3 weeks ago